Directive européenne sur la transparence des rémunérations

Transparence salariale : où en est la loi française en octobre 2026 ?

La directive européenne sur la transparence des rémunérations n'est pas encore transposée en France : le projet de loi est au Sénat depuis le 10 septembre 2026. Voici ce qui s'applique déjà, ce qui arrive et comment s'y préparer.

Mis à jour le 5 octobre 2026

L'essentiel

  • Délai européen dépassé : la directive (UE) 2023/970 devait être transposée au plus tard le 7 juin 2026 (article 34).
  • Texte français non adopté : le projet de loi n° 944 a été déposé au Sénat le 10 septembre 2026, en procédure accélérée. Aucune date d'examen n'était publiée sur le dossier législatif, mis à jour le 4 octobre 2026.
  • Déjà en vigueur : l'index de l'égalité professionnelle, à publier avant le 1er mars par les entreprises d'au moins 50 salariés.
  • Rapports sur l'écart de rémunération (directive) : 250 salariés et plus dès le 7 juin 2027 puis chaque année, 150 à 249 dès le 7 juin 2027 puis tous les 3 ans, 100 à 149 dès le 7 juin 2031 puis tous les 3 ans. Les dates françaises seront celles de la loi.
  • Seuil clé : un écart moyen de 5 % ou plus non justifié et non corrigé sous 6 mois impose une évaluation conjointe des rémunérations (article 10).

Au 5 octobre 2026, la directive (UE) 2023/970 n'est pas transposée en droit français. Le délai européen a expiré le 7 juin 2026, et le projet de loi n° 944 a été déposé au Sénat le 10 septembre 2026, avec procédure accélérée, sans calendrier d'examen publié. Ce site distingue ce que la directive impose, ce que le droit français prévoit déjà et ce qui reste en attente. Les informations ont été vérifiées le 5 octobre 2026 sur le site du Sénat et dans le texte de la directive.

Où en est la transposition en France au 5 octobre 2026 ?

Le texte français n'a franchi qu'une étape : son dépôt. Le Conseil d'État avait été saisi le 5 juin 2026 et a rendu son avis le 23 juillet 2026. Le Conseil des ministres a présenté le projet le 10 septembre 2026, et le Sénat l'a enregistré le jour même sous le numéro 944, avec renvoi à la commission des affaires sociales. Le dossier législatif ne mentionne ni rapporteur, ni examen en commission, ni inscription en séance.

Ce qui est établi à cette date :

  • le délai de transposition de la directive était fixé au 7 juin 2026 ;
  • le projet de loi comporte 22 articles et modifie notamment le code du travail ;
  • le projet prévoit une entrée en vigueur par décret au plus tard un an après la promulgation pour l'essentiel de la déclaration des indicateurs ;
  • aucune ordonnance n'a été utilisée : la transposition passe par une loi.

Ce qui reste incertain : la date d'examen, les amendements que le Parlement pourra voter, les décrets d'application et donc les seuils et délais définitifs. Le détail figure dans notre guide sur la date d'application en France.

Quelles entreprises sont concernées ?

Toutes les entreprises le sont pour les droits individuels, et celles d'au moins 50 salariés pour les rapports. Le tableau compare la directive et le projet de loi français, qui n'est pas adopté.

Effectif Directive (UE) 2023/970 Projet de loi n° 944 (non adopté)
Moins de 50 salariés Droits des candidats et des salariés, pas de rapport Mêmes droits individuels, pas de déclaration d'indicateurs
50 à 99 salariés Pas de rapport obligatoire (option laissée aux États) Déclaration annuelle d'indicateurs à la place de l'index, régime allégé, indicateur par catégorie au plus tard 6 ans après la promulgation
100 à 149 salariés Premier rapport le 7 juin 2031, puis tous les 3 ans Indicateurs annuels, indicateur par catégorie au plus tard 3 ans après la promulgation
150 à 249 salariés Premier rapport le 7 juin 2027, puis tous les 3 ans Entrée en vigueur au plus tard 1 an après la promulgation
250 salariés et plus Premier rapport le 7 juin 2027, puis chaque année Entrée en vigueur au plus tard 1 an après la promulgation

Notre calculateur d'écart de salaire donne le détail pour votre effectif et calcule l'écart de rémunération d'une catégorie de postes.

Que doit faire une entreprise dès maintenant ?

Une seule obligation est certaine aujourd'hui : publier l'index de l'égalité professionnelle avant le 1er mars si l'entreprise compte au moins 50 salariés. Le reste relève de la préparation, mais elle prend du temps.

  1. Classer les postes en catégories de travail égal ou de valeur égale, avec des critères objectifs non fondés sur le sexe.
  2. Mesurer l'écart moyen de rémunération entre femmes et hommes dans chaque catégorie, primes comprises.
  3. Documenter les justifications des écarts de 5 % ou plus : ancienneté, diplôme, expérience, responsabilités, conditions de travail.
  4. Revoir les offres d'emploi pour y faire figurer une fourchette de rémunération, et cesser de demander le salaire actuel ou passé aux candidats.
  5. Préparer la réponse aux salariés : la directive fixe un délai maximal de deux mois pour répondre à une demande d'information.

Un cabinet RH ou un avocat en droit social peut conduire ces étapes. Nous le détaillons dans le guide sur l'évaluation conjointe des rémunérations.

Quels nouveaux droits pour les candidats et les salariés ?

La directive crée quatre droits qui valent quel que soit l'effectif de l'employeur :

  • connaître la rémunération initiale ou la fourchette avant l'entretien, et les dispositions de la convention collective applicables ;
  • ne pas se voir demander son historique de rémunération ;
  • demander son niveau de rémunération et les niveaux moyens, ventilés par sexe, de la catégorie qui effectue le même travail ou un travail de valeur égale ;
  • divulguer sa propre rémunération, sans clause contractuelle qui l'interdit.

Le guide sur la fourchette de salaire dans les offres d'emploi explique comment appliquer les deux premiers.

Quels risques en cas de manquement ?

Le risque dépend de la source. Aujourd'hui, une inégalité de rémunération injustifiée relève des règles de discrimination du code du travail et du code pénal, et l'absence de publication de l'index peut entraîner une pénalité allant jusqu'à 1 % de la masse salariale. Avec le projet de loi, de nouvelles pénalités administratives s'ajouteraient, et la charge de la preuve serait renversée en cas de manquement aux obligations de transparence : c'est à l'employeur de prouver l'absence de discrimination. Tout est détaillé dans l'article sur les sanctions et la charge de la preuve.

Que contient exactement la directive ?

La directive du 10 mai 2023 fixe des exigences minimales : transparence avant l'embauche, droit à l'information, rapports sur l'écart de rémunération, évaluation conjointe, recours et sanctions. Notre résumé de la directive présente chaque article avec ses dates.

Comment fonctionne la mise en relation gratuite ?

Vous remplissez le formulaire ci-dessous en indiquant votre effectif et votre besoin : audit des rémunérations, grille de classification, rédaction des offres d'emploi ou rapport sur les écarts. Nous transmettons votre demande à un cabinet RH ou à un avocat en droit social, qui vous recontacte. La mise en relation est gratuite et sans engagement. Les honoraires éventuels se discutent directement avec le professionnel, et nous ne garantissons ni délai ni résultat.

Questions fréquentes

La directive transparence salariale est-elle applicable en France aujourd'hui ?
Pas directement à votre entreprise. Une directive doit être transposée par une loi, et le projet de loi français n'est pas adopté au 5 octobre 2026. Seules les règles déjà présentes dans le code du travail, comme l'index de l'égalité professionnelle, s'imposent aujourd'hui. Les juges français doivent toutefois interpréter le droit national à la lumière de la directive.
Mon entreprise de moins de 50 salariés est-elle concernée ?
Oui, par les droits individuels. La directive donne aux candidats et aux salariés des droits qui ne dépendent pas de l'effectif : information sur la rémunération initiale, droit de connaître les niveaux de rémunération moyens par sexe, interdiction de demander l'historique de rémunération. Le projet de loi français les applique à tous les employeurs. En revanche, la déclaration d'indicateurs ne viserait que les entreprises d'au moins 50 salariés.
Faut-il déjà publier la fourchette de salaire dans les offres d'emploi ?
Aucun texte français adopté ne l'impose encore. Le projet de loi interdirait de diffuser une offre sans fourchette de rémunération, mais il n'est pas voté. Beaucoup d'entreprises la publient dès maintenant pour éviter de refaire leurs annonces le jour de l'entrée en vigueur.
Que devient l'index de l'égalité professionnelle ?
Il continue de s'appliquer tant que la loi n'est pas entrée en vigueur. Le projet de loi le remplace par sept indicateurs, dont six seraient précalculés à partir de la déclaration sociale nominative selon le gouvernement, et un indicateur d'écart par catégorie de postes de même valeur.
Quelles sanctions sont prévues ?
Le projet de loi prévoit une pénalité administrative plafonnée à 1 % des rémunérations versées (2 % en cas de récidive dans les 5 ans) pour les manquements aux déclarations et aux corrections, et jusqu'à 450 euros par manquement pour les obligations individuelles d'information. Ces montants viennent du texte déposé et peuvent évoluer pendant la discussion.

Sources officielles

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